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Lettre du groupe groupe « socle commun, promesse démocratique » (CRAP-Cahiers Pédagogiques, Education et Devenir, SE-Unsa et Sgen-CFDT) au président du Conseil Supérieur des Programmes - Blog de Dominique Pernoux, ex-formateur en mathématiques

Lettre du groupe groupe « socle commun, promesse démocratique » (CRAP-Cahiers Pédagogiques, Education et Devenir, SE-Unsa et Sgen-CFDT) au président du Conseil Supérieur des Programmes

7 Avril 2014 , Rédigé par Dom Publié dans #Divers

"Notre groupe « socle commun, promesse démocratique » (CRAP-Cahiers Pédagogiques, Education et Devenir, SE-Unsa et Sgen-CFDT) est fortement impliqué depuis plusieurs mois dans les débats autour de la redéfinition du socle commun de connaissances, de compétences et de culture.

Alors que le moment approche où sera publié un nouveau texte proposé par le Conseil supérieur des Programmes, nous voulons attirer votre attention sur quelques points majeurs.

Rappelons l’attente que nous avions formulée précédemment : « Nous attendons du Conseil Supérieur des Programmes en toute indépendance des divers lobbies en particulier disciplinaires qu’il retravaille, comme il est indiqué dans son cahier des charges, à rebâtir un authentique socle commun comme axe central de la nouvelle politique des programmes lisible par tous les acteurs, à commencer par les élèves et les parents. »

C’est plus que jamais d’actualité.

Pour éviter les consensus de façade, nous voudrions affirmer un certain nombre de points sur lesquels il est essentiel de prendre position clairement :

• le socle commun n’est pas, ne doit pas être une vague référence formelle, mais être en position surplombante par rapport aux programmes, avoir un degré de légitimité supérieur pour toute la scolarité obligatoire, ce qui a d’ailleurs des conséquences en amont et en aval (école maternelle, lycée)

• le socle commun ne s’oppose pas aux disciplines scolaires, mais celles-ci ne doivent pas être des fins en soi, mais bien contribuer toutes, en égale dignité, à la formation générale de l’individu, qui ne peut se limiter au cognitif et englobe une formation civique et un développement de la personnalité.

• dans un système éducatif qui a du mal à sortir de la domination d’une logique de « connaissances à enseigner » et à entrer dans celle de savoirs et savoir-faire à s’approprier par tous les élèves, il est essentiel de concevoir le rapport connaissances-compétences de façon pertinente. Les compétences ne sont pas l’application pratique des connaissances, mais bien plutôt l’occasion de mobiliser des connaissances et de leur donner du sens. Ce qui constitue une révolution copernicienne pour notre école. Il ne faut pas donner l’impression que le socle, c’est la même chose qu’avant avec simplement des changements lexicaux, comme on a pu, hélas, l’entendre, y compris de cadres de l’Education nationale.

• si on ne peut que souscrire à la remise en cause du livret de compétences tel qu’il a été conçu, il serait grave de renoncer au processus de validation progressive des compétences. Les niveaux d’exigence doivent être précisés, en évitant les deux dérives : celle des micro-compétences, qui avaient « pollué » l’ancien LPC et qui sont au cœur des programmes du primaire de 2008, celle de compétences très générales et non opératoires qui existent déjà dans les programmes actuels, ce qui ne serait alors qu’une caution discursive au tout-disciplinaire.

• on ne peut accepter de voir se perpétuer l’actuel brevet des collèges, qui ne serait qu’aménagé. Il ne permet nullement une validation de compétences de fin de scolarité obligatoire, il continue à obéir à une logique de « compensation » et en réalité il n’évalue rien sérieusement. Sa suppression sous sa forme actuelle et son remplacement par une validation du socle commun, pouvant prendre des formes diverses, en intégrant une dimension orale obligatoire, en s’inspirant de l’épreuve d’Histoire des arts quand elle est pratiquée dans l’esprit du texte officiel. C’est un signe fort que nous attendons et qui marquerait une rupture effective avec le présent et une avancée dans la refondation

Nous craignons toujours de voir le socle commun se transformer en une référence très abstraite à une « culture commune » ; si nous avons pu trouver positif l’adjonction du mot « culture » pour ne pas laisser penser à un socle réduit au « rudimentaire », nous nous méfions d’une utilisation de cette expression pour « noyer le poisson » en réduisant par exemple la culture que doivent s’approprier les élèves à sa seule dimension « humaniste », en négligeant par exemple la technique et le corporel. Une référence abstraite à un « haut niveau pour tous » masque ce qui doit être au cœur du socle commun : l’acquisition effective de ce qu’il n’est pas permis d’ignorer, de ce qui est indispensable au citoyen du XXI° siècle.

Il est important que le nouveau socle commun puisse apparaitre comme étant en continuité avec l’ancien, sinon cela découragera tous ceux qui s’efforcent de le mettre réellement en œuvre et développera la tendance au scepticisme devant les réformes, l’une chassant l’autre. Ainsi faut-il garder l’idée de piliers et de domaines, mais en ajoutant la notion de « apprendre à apprendre », stratégiquement essentielle pour inciter les enseignants à s’intéresser pleinement à la méthodologie, à la formation des élèves à tout ce qui est essentiel pour entrer dans les apprentissages.

Il faut à la fois affirmer le caractère national, obligatoire et rigoureux du socle commun quant à ses objectifs, ses principes de fonctionnement, l’obligation d’évaluer sa mise en œuvre et une grande autonomie laissée aux équipes pour le concrétiser, en tenant compte du contexte effectif et en laissant une marge d’initiative pour mieux articuler socle commun et projets en tous genres.

Ajoutons que la future « charte d'élaboration des programmes » devrait prendre mieux en compte l'esprit de la refondation et notamment garantir que les acquisitions des élèves sont bien au cœur de la définition des programmes. La question des rythmes (déclinaison en cycles), celle des conditions d'apprentissages ( plaisir d'apprendre, interactivité ), celle de la cohérence ( liens entre les savoirs et les compétences en matière de résolution de problèmes complexes... ) devraient être abordées de façon plus explicite.

Si nous comprenons bien la nécessité de compromis et de parvenir à des consensus, pour autant, on ne doit pas renoncer à l’essentiel et à édulcorer cette nouvelle référence à construire (enfin) pour rendre notre école plus juste et plus efficace.

Nous vous prions, monsieur le président, de bien vouloir agréer l’expression de nos meilleures salutations."

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