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"Assises pour les valeurs de la République : pas de République sans mixité sociale" (SGEN-CFDT) - Blog de Dominique Pernoux, ex-formateur en mathématiques

"Assises pour les valeurs de la République : pas de République sans mixité sociale" (SGEN-CFDT)

30 Mars 2015 , Rédigé par Dom Publié dans #Divers

"Les assises pour les valeurs de la République mobilisent actuellement les acteurs de la vie scolaire. À Paris, c'est le 31 mars que se tiennent les assises départementales. Le Sgen-CFDT profite de cette période pour expliquer où il situe les enjeux de ce débat.

Les attentats de janvier ont provoqué un traumatisme qui a conduit notre ministre à lancer une grande mobilisation de l’école pour les valeurs de la République. Ces valeurs, les agents, les enseignants et les cadres de l’Éducation nationale que nous sommes les portons et les défendons quotidiennement dans notre travail. Parmi ces valeurs, la question de la laïcité semble avoir une place singulière et nous soulignons que la mobilisation sur cette question est pour nous essentielle.

Ces assises sont importantes et la société n’aurait pas compris que l’École reste sans réaction après les évènements du début d’année.

Mais, fédérer autour de ces valeurs les familles et parfois mêmes les équipes, ne va pas de soi et requiert bien plus qu’une simple consultation. Cet enjeu est de nature politique et les questions de mixité sociale ont toute leur place dans ce débat. On ne peut faire peser cette responsabilité républicaine uniquement sur l’institution scolaire, au risque d’oublier ce qui a été rappelé par nombre d’intellectuels et sociologues : le rôle essentiel joué par la ghettoïsation de l’école et l’échec des politiques de mixité sociale. La responsabilité en incombe aussi à ceux qui, aujourd’hui, s’inquiètent de la montée des communautarismes chez les jeunes.

Les assises ont du sens si elles permettent de réfléchir, de partager les idées, les ressources, les projets, en privilégiant ceux qui se concentrent sur le vivre ensemble et l’accueil de chacun. Mais c’est de l’aptitude à remettre en cause la ghettoïsation de l’école, en amorçant une véritable politique de mixité sociale que dépendra la réussite de cette mobilisation.

Les assises doivent donc, à nos yeux, se centrer sur la mise en place d’une vraie politique de mixité des publics, au collège principalement. Il en va de l’intérêt de chacun. Laisser les populations d’origine étrangère, ou socialement fragiles, massivement concentrées dans certains collèges signifie non seulement un refus d’intégration, mais représente également un vrai risque de désintégration pour notre société. Au-delà de ces établissements stigmatisés, il y a, dans tous les quartiers et toutes les villes, le bon et le mauvais collège ainsi désignés par la rumeur, fussent-ils à 50m l’un de l’autre ! Il faut débattre de ces questions essentielles dans les assises avec tous les acteurs concernés : professeurs, cadres de l’éducation, familles, collectivités territoriales. Il faut veiller à motiver les parents d’élèves car, si leurs fédérations sont favorables au discours sur la mixité sociale, les pratiques divergent souvent, parce qu’un parent veut toujours le meilleur pour son enfant, mais ce meilleur est à repenser ensemble.

Paris est concerné, au même titre que nombre de grandes villes. La concentration de la population et la facilité des transports en font un lieu d’expérimentation privilégié pour trouver des solutions. Ici, plusieurs pistes sont à explorer, comme la fusion de collèges voisins dont l’un rassemble les populations plus fragiles et l’autre les « bons élèves ». C’est ce qui est fait entre deux collèges du 16ème arrondissement. Pourquoi ne pas continuer ailleurs ? Peut-être faut-il avoir également le courage de fermer les collèges dits « sinistrés ».

D’autres propositions ont été faites, consistant à répartir de manière différente les élèves à la sortie du primaire pour assurer une répartition homogène dans les collèges. À Paris, les temps de déplacement ne sont jamais très longs. Ces stratégies imposent une volonté politique forte et du courage. Elles nécessitent l’engagement du ministère de l’Éducation nationale mais également celui des autres ministères et des collectivités responsables du développement urbain et de l’habitat.

Ces assises nous semblent essentielles, mais attention à la frénésie consultative auto satisfaisante et réconfortante sans perspective à long terme. Cette année, les établissements ont dû répondre à une multitude de consultations : le socle commun de connaissances, le numérique, l’enseignement de la morale, l’égalité filles-garçons, la laïcité… Autant de sollicitations qui finissent par éloigner les acteurs de l’École de leur mission première qui reste l’enseignement et l’éducation des jeunes.

Le temps des médias n’est pas celui de l’école et c’est dans la durée que nous pourrons avancer sur ces questions. Tout en participant à ces assises, nous insistons sur le fait que le chantier principal à long terme reste celui de la mixité sociale.

C’est notre priorité au SGEN-CFDT."

(Source)

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