Lecture en débat [et en B A BA ;-) ]

Publié le par Dominique Pernoux

Dossier "Lecture en débat" du site "Education & Devenir" : http://education.devenir.free.fr/Lecture.htm

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A
Avec mes excuses pour des fautes d'orthographe...(je ne suis pas francophone d'origine ; quand j'ecris vite je commets des erreurs...)
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A
C'est un peu dommage que vous ne referencez qu'a un site qui souffre de "group-think" de didacticiens qui en veulent au ministre pour avoir pietine leurs prerogatives... Je suis un etranger et un scientifque (mais pas dans le domaine de la didactique).  Peut-etre que le ministre joue un peu au "charlatan" en evoquant des theses "scientifiques", mais le clan des didacticiens est aussi coupable de charlatanisme, en invoquant de tres faibles arguments contre une methode synthetique, qui ne sont, eux non-plus, demontres scientifiquement. Il me semble que les didacticiens mangent un peu de leur propre breuvage dans cette dispute, a savoir que l'ideologie (constructiviste, contre une "transmission des savoirs"...) qu'ils imposent deja depuis quelques decenies aux enseignants, a la sauce "sciences de l'education", leur est maintenant servi par leur ministre, qui joue, comme eux, au "scientifique". Je m'explique: la seule chose scientifiquement etablie est que une bonne lecture est basee sur deux piliers: le lien phonologique entre l'oral et l'ecrit (le dechiffrage), et la comprehension.  Il ne semble pas y avoir un concensus scientifque, par contre, sur comment ces acquis doivent etre introduits. Il y a essentiellement deux methodologies: -une, synthetique, est: apprendre aux enfants d'abord la relation phonologique,  et puis la mettre en oeuvre, sans jamais proposer a un enfant de devoir lire des mots dont il n'a pas encore appris les clefs phonologiques. - l'autre, a inspiration globale, confronter l'enfant des le depart a pleins de mots qu'il ne sait a priori pas lire, et en profiter pour illustrer des relations phonologiques en faisant cela. Chaque methode a son "interdit": La premiere, synthetique, interdit de confronter l'enfant a des mots bases sur des relations phonologiques qu'il n'a pas encore appris. La deuxieme interdit d'utiliser des combinaisons de lettres qui ne sont pas de vrais mots. Les deux interdits sont bases sur deux "ideologies de la didactique".  La premiere ideologie est basee sur la pensee rigoureuse et abhorre la confrontation avec le non-rigoureux.  La deuxieme est basee sur la "decouverte de la realite" et abhorre l'abstraction et la conceptualisation rigoureuse.  C'est un clivage que l'on retrouve aussi dans les sciences: les sciences exactes versus les sciences humaines.  Est-ce parce que beaucoup de didacticiens sont issu des sciences humaines qu'ils veulent imposer leur ideologie ?  Je l'ignore.  Ce que je peux dire, en tant que scientifique et enseignant, c'est que dans certaines disciplines, ou la pensee rigoureuse marche bien, il vaut mieux s'y tenir - tandis que dans des domaines ou on n'a pas beaucoup de connaissances exactes, on peut bien developper son intuition artistique.  Il y a sans doute des enfants qui aiment bien se baigner dans le flou artistique ; il y en a d'autres qui preferent penser de facon rigoureuse. Il me semble que des connaissances de base, comme les mathematiques, la lecture... sont quand-meme mieux servi par une approche rigoureuse, mais cela va completement a l'encontre des dogmes didacticiennes. Ainsi, je suis beaucoup plus sensible a l'argument contre des inspirations globales, a savoir: en confrontant continuellement l'enfant a des mots pour lequels il n'a pas encore "recu la clef", il va developper des strategies approximatives (deviner, contexte...) et il ne developpera pas une strategie rigoureuse de lecture ; que je suis sensible aux arguments contre les methodes synthetiques: - elles utilisent des non-mots (lu,li,la,lo...) - so what ?  C'est un exercice pedagogique pour apprendre une strategie ; c'est un exercice abstrait de lecture. - le sens, la comprehension est negligee.  Ceci est un faux argument.  La comprehension vient, doit etre discutee en classe, independamment de la facon dont l'enfant a dechiffre le mot (en devinant, par analogie, par contexte, ou par dechiffrage).  - les textes sont limites et pauvres au debut.  So what ?  Les calculs sont "pauvres" aussi quand on apprend a faire des sommes: on ne demarre pas tout de suite par 124.34 x 43 + 523.31, non ? - les methodes synthetiques sont repetitives.  Autant que cela est moins de "fun" pour l'enseignant, des enfants de 6 ans ne rechignent pas la routine et la repetition.  Il me semble donc que "l'interdiction sociale" presque totale, par les didacticiens, qu'ils ont imposes aux enseignants par des arguments aussi charlatanesque que le discours du ministre, est aussi fumeuse et non-rigoureuse que l'obligation ministerielle de virer de bord et de preferer maintenant les synthetiques. Personellement (comme "scientifique", et comme parent), l'approche synthetique me semble plus fonde sur une rigeur dans la pensee (que je trouve important).   Si je dis cela dans un milieu didacticien, je ramasse des qualifiants allant de ringard jusqu'a fasciste.  Je ne suis rien de tout cela.  Je ne suis pas contre l'innovation.  Je suis seulement attache a la pensee claire et rigoureuse dans la mesure du possible.  Beaucoup d'enfants preferent cela aussi.
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