Communiqué de presse du Collectif de soutien à Guilherme Hauka Azanga
"Ce mercredi 23 Juin, nous venons d’apprendre que notre ami Guilherme Hauka-Azanga a été débouté de son recours devant la Cour Administrative d’ Appel. Pour la justice, comme pour la
préfecture, la « vraie » famille de Guilherme se situe en Angola. Il aurait dans ce pays une femme et cinq enfants qui l’attendent.
Pour Guilherme, et pour nous qui le soutenons, Guilherme a fui son pays pour échapper à une mort certaine. Il a perdu sa première femme et deux de ses enfants en Angola. Il continue à s’occuper,
à distance, de ses trois enfants Angolais, aujourd’hui de jeunes adultes pris en charge depuis 2004 par une mère adoptive à Kinshasa (Congo).
A vrai dire, nous ne sommes pas surpris par cette décision. Lors de l’audience du 9 juin, nous avions compris que ce qui était exigé de Guilherme pour prouver sa bonne foi serait très compliqué à
produire. Comment se procurer un acte de décès en bonne et due forme dans une république qui se relève à peine de 27 ans de guerre civile et d’un million de morts (sur 12 millions
d’habitants) ?
La France pense-t-elle sincèrement que l’on puisse facilement obtenir des certificats officiels de décès dans un pays livré à l’anarchie et à la corruption jusqu’à peu. Et ce d’autant plus quand
on n’était pas dans le camp des vainqueurs de la guerre civile.
Pourquoi la France ne fait-elle aucun cas du témoignage des trois jeunes réfugiés au Congo, dont un majeur, qui attestent avoir perdu leur mère en 2004 ?
Les témoignages des parents d’élèves, de tout un quartier, de toutes les personnes qu’il a croisées, qui attestent de la bonne foi, de l’honnêteté et de l’humanité de Guilherme n’ont ils vraiment
aucun poids pour nos institutions ?
La France continue à s’acharner sur cet homme, sur sa femme et sa famille.
Nous continuerons pour notre part à le défendre, parce que nous croyons que le doute doit profiter à l’accusé.
Car à aucun moment la préfecture n’a pu apporter la moindre preuve de la prétendue mauvaise foi de Guilherme.
Car au quotidien, ce que nous voyons, ce sont de jeunes enfants (3 ans et 1 an et demi) qui souffrent de l’absence de leur père, qui vivent dans la peur permanente de l’éloignement.
Nous allons continuer à essayer de convaincre. Nous allons également, puisque c’est la logique de nos institutions, agir pour recueillir encore plus de preuves, encore plus de témoignages pour
qu’enfin l’évidence éclate aux yeux de tous:
la place de Guilherme est auprès de sa famille et de ses amis, à Lyon Guillotière !
LE COLLECTIF POUR LA REGULARISATION DE GUILHERME"
Source : http://hauka-hazanga.tumblr.com/post/729613650