Réforme des retraites : Décision du Conseil Constitutionnel (9 novembre 2010)

Publié le par Dom

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
 
Décision n° 2010-617 DC du 9 novembre 2010
 
Loi portant réforme des retraites
 
 
Le 9 novembre 2010, par sa décision n° 2010-617 DC, le Conseil constitutionnel
a statué sur la loi portant réforme des retraites dont il avait été saisi par plus de
soixante députés et plus de soixante sénateurs. Ceux-ci contestaient la
conformité à la Constitution des deux mesures d’âge figurant dans la loi : report
de 60 à 62 ans de l’âge d’ouverture du droit à une pension de retraite et de 65 à
67 ans de la limite d’âge ouvrant droit à une pension de retraite sans décote. Ils
contestaient également la procédure législative dans son ensemble.
 
Le Conseil constitutionnel a rejeté l’ensemble de ces griefs. Il a jugé les articles
contestés de la loi portant réforme des retraites conformes à la Constitution. Il
s’est borné à censurer les articles ajoutés par amendements, relatifs à la réforme
de la médecine du travail, qui n’avaient pas de lien avec le projet de loi initial.
 
En premier lieu, le Conseil constitutionnel a écarté les griefs de procédure
soulevés par les requérants. Il a notamment jugé que la décision du président de
l’Assemblée nationale  d’interrompre les explications de vote n’a pas porté
atteinte aux exigences de clarté et de sincérité du débat parlementaire.
 
En deuxième lieu, le Conseil constitutionnel a relevé que le législateur s’est fixé
comme objectif de préserver le système de retraite par répartition. À cet effet, il
a pu fixer à 62 ans l’âge minimum de départ à la retraite. Il n’a méconnu ni le
principe d’égalité ni l’exigence constitutionnelle relative à une politique de
solidarité nationale en faveur des travailleurs retraités.
 
En troisième lieu, le Conseil constitutionnel a jugé que le report de 65 à 67 ans
de la limite d’âge ouvrant droit à une pension sans décote n’est pas contraire au
principe d’égalité entre les femmes et les hommes. Cette règle leur est
commune. De  plus, des dispositions particulières prennent en compte
notamment la situation des parents ayant élevé trois enfants.
 
En quatrième lieu, le Conseil constitutionnel a jugé que les articles 63 à 75 de la
loi relatifs à la réforme de la médecine du travail, ajoutés par amendement,
n’avaient pas de lien avec le projet de loi initial. Ils constituaient donc des
« cavaliers législatifs ».  À  ce titre, le Conseil les a déclarés contraires à la
Constitution.

 

Source : http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/actualites/seance-du-9-novembre-decision-2010-617-dc-%5Breforme-des-retraites%5D.50228.html

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